Notre enfant nous dit qu’il est ou veut être de «
l’autre sexe »
Nous
sommes des parents dans un état de surprise, d'incompréhension,
de désarroi, voire de colère à la suite de ce que
notre fille ou notre fils nous a dit sur sa « transidentité ».
Qu'elle ou il soit très jeune, adolescent(e) ou adulte, c'est
toujours notre enfant !
On pense spontanément à l’homosexualité,
mais il s’agit d’autre chose. Ce n’est pas l’attirance
affective ou sexuelle qui est en jeu, mais une question d’identité
: être reconnu, pour notre garçon, « en tant que
fille » ou, pour notre fille, « en tant que garçon
».
Cependant, un tel questionnement, surtout exprimé dans la petite
enfance, pourra évoluer de manières très différentes.
Il s’agit de l’identité sexuée, de
l’identité de « genre »
Ce phénomène a toujours existé, dans toutes les
civilisations, dans toutes les couches de la société et
dans tous les types de familles. On estime à plusieurs milliers
les personnes concernées en France aujourd’hui.
La transidentité, qu’est-ce que c’est ?
Dans la plupart des cas, on naît avec un sexe biologique défini
mâle ou femelle, auquel la société associe automatiquement
le genre masculin ou féminin. Mais un décalage entre le
sexe physiologique et le genre peut exister : un « mâle
» va alors se ressentir davantage femme et une « femelle
» davantage homme.
Ce décalage va générer un conflit intérieur
(on parle de « dysphorie de genre »), et le plus souvent
un mal-être important. La transidentité peut se révéler
à n’importe quel âge, parfois très tardivement.
Pourquoi
?
Nous avons bien sûr envie de savoir ce qu’en disent les médecins
aujourd’hui car notre réflexe c’est de vouloir aider
notre enfant à « guérir ».
Mais attention ! Il faut rappeler qu’il ne s’agit pas d’une
« maladie », et donc que la notion de guérison n’est
pas appropriée.
Nombre d’hypothèses ont été émises pour
tenter d’expliquer cette réalité : imprégnation
hormonale déséquilibrée pendant la grossesse, cause
génétique, conditions psychologiques des premiers mois de
la vie… mais peut-être n’y a-t-il rien à expliquer
!
Qu’avons-nous
fait, est-ce notre faute ?
Nous, parents, n’avons pas à nous sentir honteux, ou coupables.
Les pères, les mères ont souvent l’impression d’avoir
raté quelque chose pendant l’éducation de leur enfant.
La famille, les frères et sœurs peuvent aussi ressentir la
culpabilité de ne pas avoir remarqué un mal-être dissimulé
pendant des années de vie commune.
Nous
aimons notre enfant…
Notre enfant a certainement mis beaucoup de temps à accepter pour
lui-même ce qui se passe en lui.
Il lui a fallu du courage pour nous en parler, il l’a fait pour
dire qui il était, c’est une démarche sincère.
Même si nous l’aimons de toute façon, nous avons besoin,
nous aussi, de temps pour accepter et comprendre.
Je
ne la vois pas du tout en garçon !
« Notre fille est tellement féminine, je ne l’imagine
pas du tout être un garçon, avec ses traits si fins et sa
si grande sensibilité ! Elle va être ridicule ! »
De la même façon, les parents d’un garçon n’imaginent
pas leur fils en robe ou maquillé !
Pourtant, en quelques années, il est possible de changer d’apparence,
parfois de façon étonnante. Cette période de changement,
de « transition » est éprouvante pour tous : enfant,
famille et proches. C’est pendant cette période que les plus
grandes difficultés sociales apparaissent : problèmes de
travail, de voisinage, et parfois avec une partie de la famille.
Heureusement, de façon générale, notre entourage
réagit positivement et une entraide existe, surtout si nous, parents,
soutenons notre enfant. Mais aujourd’hui, quelles sont les
positions « officielles » ?
Au niveau de la loi
Être transidentitaire n’est pas illégal !
Au contraire, les lois européennes prévoient ces situations,
et permettent le changement de l’état civil des personnes
le demandant, sous certaines conditions, variant suivant les pays d’Europe
(la France a pris du retard par rapport à d’autres pays européens,
comme l’Espagne).
Au niveau « médical »
La sécurité sociale peut prendre en charge les soins liés
à une transformation physique. De plus en plus de médecins
du privé s’ouvrent à ces questions et les traitent
positivement, avec humanité.
Il existe aussi des équipes médicales « spécialisées
», dites « officielles » car attachées aux hôpitaux
publics.
Cependant, les associations d’aide aux personnes transidentitaires
soulignent que ces équipes, peu nombreuses, ne répondent
pas souvent à la réalité des situations : par exemple,
elles ne proposent que très rarement un soutien psychologique.
Et maintenant ?
Comme dans bien des situations, il ne faut rien faire sous le coup de
l’émotion ou dans la précipitation.
Il faut savoir prendre le temps : le temps pour nous parents d’assimiler
cette nouvelle ; le temps pour notre enfant de faire le cheminement psychologique
(s’il ne l’a pas déjà fait) qui lui permettra
de prendre les meilleures décisions ; le temps nécessaire
à son repositionnement dans la société ; le cas échéant
le temps, avec l’aide de la médecine, de faire évoluer
son corps.
Il s’agit du mieux-être et du bonheur de notre enfant. L’aide
psychologique
Un soutien psychologique aura certainement une grande utilité pour
lui comme pour nous.
Mais attention, la psychanalyse comme la psychiatrie ne peuvent pas apporter
une réponse adaptée, si leur objectif est de « guérir
»…
Un psychologue ou un psychothérapeute impliqué dans l’accompagnement
se révélera souvent d’une aide plus efficace.
Comment faire avec le reste de la famille ?
Cette nouvelle implique beaucoup de choses…
Nous, dans notre vie, nous allons devoir affronter également la
société… Nous allons devoir en parler aux grands-parents,
à nos frères et sœurs, à nos amis…
Nous nous retrouvons dans la même difficulté que notre enfant,
affronter, expliquer, avec la peur de se faire rejeter.
L'expérience montre que plus on se montre de manière naturelle,
simple et positive, mieux on est accepté.
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